En Île-de-France, le moustique tigre est présent et actif le jour dans les département des Hauts-de-Seine (92) et du Val-de-Marne (94) - Réf. carte d'implantation du moustique tigre en 2018(1).
Selon la direction générale de la santé, « Aedes albopictus » est un moustique tropical plus connu sous le nom de « Moustique tigre » et est implanté dans 42 départements. Lorsqu'il pique une personne infectée par le virus Zika, de la dengue ou du chikungunya, il peut transmettre cette infection.
Les autorités appellent à la vigilance à son égard.
Signaler un moustique tigre
Vous pensez avoir observé un moustique tigre? Vous souhaitez le signaler? L'ensemble de la population peut participer à la surveillance de cette espèce afin de mieux connaître sa sa répartition.
Il s'agit d'une action citoyenne permettant ainsi de compléter les actions mises en place.
Savoir l'identifier
Plus petit qu'une pièce de 1 Cent et généralement de nos moustiques communs, on le reconnaît à ses rayures noires et blanches, du corps aux pattes. Il est également plus agressif et dangereux : le moustique tigre peut transmettre le chikungunya, la dengue et le virus zika.
Carte par niveau de diffusion (2)
Le moustique tigre est essentiellement urbain. Son caractère anthropophile (qui aime les lieux habités par l’homme) explique qu’une fois installé dans une commune ou un département, il est pratiquement impossible de s’en débarrasser : les départements dans lesquels le moustique tigre est implanté et actif, c’est à dire durablement installé et se multipliant sont classés au niveau 1 du « plan national anti-dissémination du chikungunya, de la dengue et du Zika ».
Il existe le « Plan national antidissémination du chikungunya, de la dengue et du zika », mis en place par le ministère de la Santé dès 2006, s’appuyant sur les enquêtes entomologiques effectuées par les organismes publics compétents de démoustication.
Ce plan fixe plusieurs niveaux affectés aux départements, parmi lesquels :
- blanc - un niveau 0a : moustique-tigre ni présent ni observé.
- orange - un niveau 0b : interception ponctuelle du moustique-tigre, dont l’installation a pu être évitée.
- rouge - un niveau 1 : moustique-tigre présent et actif.
Années de classement
A ce jour, aucun département classé au niveau 1 n’est redescendu aux niveaux 0a ou 0b, comme le montrent les cartes ci-dessous. Le niveau d’implantation du moustique tigre est déterminé par les experts des opérateurs publics de démoustication (OPD).
La carte suivante indique la date où chaque département a été colonisé par le moustique de façon durable (classement de niveau 1).
Le département des Hauts de seine est passé au niveau 1 en 2017.
L'Ile-de-france est également concernée par la colonisation de moustiques tigres. "En plus de Paris, 4 départements sont en vigilance orange : le Val d’Oise, la Seine et Marne, l’Essonne, la Seine-Saint-Denis, où le moustique tigre a été intercepté dans le courant des 5 dernières années", alerte Vigilance-moustiques, selon qui dans la très grande majorité des cas, les départements en orange passent en vigilance rouge au cours des années suivantes. "Ils nécessitent donc une vigilance citoyenne particulière, d’autant plus qu’ils ne bénéficient pas de l’ensemble du dispositif prévu par le plan anti-dissémination" prévu dans les départements placés en vigilance-rouge.
Opérateur public de démoustication
Divers organismes spécialisés œuvrent à la lutte contre le moustique tigre : ce sont les « opérateurs publics de démoustication » ou OPD.
Lorsque les départements sont classés de niveau 1, les Conseils départementaux (CD) ou les OPD qu’ils désignent réalisent la lutte antivectorielle. Dans les autres départements (niveaux 0a et 0b), les OPD interviennent pour le compte de l’Etat à travers une convention.
La carte ci-dessous montre le territoire d’intervention des divers OPD, selon le niveau de diffusion.
A la date de rédaction de cet article, le département des Hauts de seine est pris en charge par l'entente Interdépartementale ELIZ (2).
Lutte antivectorielle (3)
La lutte contre le moustique tigre fait partie intégrante de la lutte antivectorielle (LAV).
À partir du 1er janvier 2018, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) se voit confier les anciennes missions du Centre national d’expertise sur les vecteurs (CNEV) en matière d'expertise pour l'évaluation des risques et d'appui scientifique et technique dans le domaine des vecteurs.
Pas d’« alerte rouge » ! (4)
L’EID Méditerranée et d’autres opérateurs publics de démoustication (EID Atlantique, EID Rhône-Alpes, syndicat LM 67) chargés du contrôle de la nuisance et de la lutte antivectorielle ont été sollicités par la presse, par des collectivités et par des particuliers, suite à une communication abondante de la société privée « Vigilance Moustiques », liée à une entreprise fabriquant et commercialisant des produits répulsifs et autres, qui affecte à divers territoires des niveaux dits de « vigilance » : jaune, orange, rouge…, souvent traduits par les médias en « Alerte rouge », censés manifester une présence de moustiques, dont on ne sait de quelles espèces il s’agit exactement.
Ensuite, ces expressions assénées comme des formules normatives – « vigilance ou alerte orange », « vigilance ou alerte rouge » – ne correspondent à aucune terminologie scientifique et officielle : elles sont manifestement diffusées à dessein d’interpeller et peuvent inquiéter indûment.
Pas de migration du moustique tigre
« Le moustique tigre se déplace assez peu et il ne se déplace pas plus de quelques centaines de mètres. En revanche, il est tellement attiré par l'homme qu'il peut le suivre jusque dans sa voiture et faire le trajet ainsi. C'est d'ailleurs pour cela que dans le sud de la France où il est très bien implanté, on observe aussi les autoroutes », décrypte Sébastien Chouin, directeur scientifique et technique de l'établissement interdépartemental du littoral Atlantique (EIDLA).
L'importation de pneus est un mode de dissémination connu du moustique tigre, « c'est aussi comme cela qu'il est arrivé en France, dans l'Orne à la fin des années 90 ».
Nos conseils
Restons vigilants
Pour se protéger du moustique tigre, Anna-Bella Failloux, entomologiste à l'Institut Pasteur, explique qu'il faut d’abord éliminer les gîtes larvaires en vidant la moindre source d’eau stagnante chez soi, comme les fonds de gouttières, les soucoupes de pot de fleurs et même une vieille chaussure oubliée dehors. Les femelles peuvent en effet venir y pondre leur œufs.
« Le moustique tigre est d’autant plus présent qu’il est pourvu d’une biologie qui lui permet de s’adapter aux températures froides. Même ses œufs sont dotés d’une enveloppe, une forme de coque qui les protège des températures basses. Ensuite, dès que les pluies printanières tombent, les œufs en sommeil pondus l’année précédente « se réveillent » et éclosent. Et les femelles pondent beaucoup : entre 50 et 100 œufs tous les trois à quatre jours. Des œufs qui sont résistants aux insecticides, ce qui participe à la prolifération des moustiques tigre », rajoute-t-elle, estimant que « c'est bien parti pour qu'il se retrouve partout en France ».
Signalement
« Un portail en ligne » permet de signaler les moustiques tigres.
Sources
(1) http://solidarites-sante.gouv.fr/.../cartes-de-presence-du-moustique-tigre-en-france-metropolitaine
(2) http://www.e-l-i-z.com
(3) https://www.anses.fr/fr/content/expertise-sur-les-vecteurs
(4) http://www.eid-med.org/actualites/moustique-tigre-non-il-ny-pas-d-alerte-rouge